L'origine et la raison d'être du péché  :  

    La première transgression de la Loi Divine.      Le premier orgueilleux.

   

     « Ton cœur s’est élevé, et tu as dit :  
         ‘ Je suis Dieu, je suis assis sur le siège de Dieu, au sein des mers ! ’.  
          Toi, tu es homme et non Dieu. »   Ézéchiel 28 : 2.


   « La femme vit que l’arbre était bon à manger (...), elle prit de son fruit, et en mangea. »   Genèse 3 : 6.

 

 

L’origine et la raison d’être du péché sont pour bien des esprits un sujet de vive perplexité.
Voyant le mal et ses terribles conséquences, ils se demandent comment tant de souffrances et de malignité peuvent se concilier avec la souveraineté d’un être infini en puissance, en sagesse et en amour. Incapables de pénétrer ce mystère, ils cherchent l’explication dans de fausses interprétations et dans des traditions humaines qui leur ferment les yeux sur des vérités essentielles au salut et clairement révélées dans la Bible.
 
D’autres, enclins au doute et à la critique, trouvent dans le fait que, malgré leurs recherches, ils ne sont pas parvenus à résoudre le problème de l’existence du péché, une excuse pour rejeter en bloc toute la Bible, où sont consignés la caractère de Dieu, sa nature et ses principes à l’égard du péché.
 
Il n’est pas possible de donner de l’apparition du péché une explication qui en justifie l’existence, mais on en sait assez sur son origine et ses conséquences ultimes pour pouvoir admirer la justice et l’amour de Dieu dans sa manière d’agir en présence du mal. Dieu n’est pas responsable de l’entrée du péché dans le monde : rien n’est plus clairement enseigné par les Écritures.
Aucun refus arbitraire de la grâce divine, aucune erreur dans le gouvernement divin n’a donné lieu à un mécontentement et à une révolte.
 
Le péché est un intrus mystérieux et inexplicable ; sa présence est injustifiable. L’excuser c’est le défendre.
S’il pouvait être excusé, s’il avait une raison d’être, il cesserait d’être le péché. La seule définition qu’on puisse en donner est celle de la Parole de Dieu :  “le péché est la transgression de la loi” ;  c’est la manifestation d’un principe réfractaire à la Grande Loi d’Amour, base du gouvernement divin.

 
  Avant l’apparition du mal, la paix et la joie régnaient dans l’univers. Tout y était conforme à la volonté du Créateur. L’amour pour Dieu était suprême et l’amour mutuel impartial. Le Verbe, Fils unique de Dieu, était un avec le Père éternel ; un par son caractère et par ses desseins. Il était le seul être de l’univers admis à connaître tous les conseils et tous les plans de Dieu. C’est par lui que Dieu avait créé les êtres célestes.
« Car en lui ont été créés toutes les choses qui sont dans les cieux (...), trônes, dignités, dominations, autorités. »  Colossiens 1:16.  Au Fils comme au Père, l’univers entier était soumis.
 
  La loi de l’amour étant à la base du gouvernement de Dieu, le bonheur de toutes les créatures dépendait de leur parfait accord avec les grands principes de cette loi. Dieu demande de toutes ses créatures un service d’amour, un hommage qui découle d’une appréciation intelligente de son caractère. Ne prenant aucun plaisir à une obéissance forcée, il accorde à chacun le privilège de la liberté.

                            
 
Le premier orgueilleux


Mais un être voulut pervertir cette liberté. Le péché prit naissance dans le cœur de celui qui, après le Christ, avait été le plus hautement honoré de Dieu et qui était le plus puissant et le plus glorieux de tous les habitants du ciel.
Avant sa chute, Lucifer, le Porte-Lumière, était un « chérubin protecteur » saint et sans tache.  
« Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Tu mettais le sceau à la perfection, tu étais plein de sagesse, parfait en beauté.     Tu étais en Éden, le jardin de Dieu ; tu étais couvert de toute espèce de pierres précieuses. (...) Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu. Tu marchais au milieu des pierres étincelantes. Tu as été intègre dans tes voies depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi. »  Ézéchiel 28:12-15.
 
Lucifer aurait pu conserver la faveur de Dieu. Aimé et honoré des armées angéliques, il aurait pu faire servir ses nobles facultés au bien de son entourage et à la gloire de son Créateur. Mais, dit le prophète, « ton cœur s’est élevé à cause de ta beauté, tu as corrompu ta sagesse par ton éclat ». Ézéchiel 28:17.  Peu à peu, Lucifer se laissa aller au désir de s’élever au-dessus de la position qui lui avait été assignée. « Tu as voulu te persuader que tu étais un dieu. (...) Tu disais en ton cœur. (...) J’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu. Je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée. (...) Je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut. » Ézéchiel 28:6 (V. synodale).
 
Au lieu de veiller à exalter Dieu au suprême degré et à lui assurer la première place dans l’affection de ses créatures, Lucifer chercha à capter à son profit leur allégeance et leurs hommages. Convoitant l’honneur que le Père avait conféré à son Fils, le prince des anges aspira à une puissance dont le Christ seul détenait la prérogative.
 


Le ciel entier réfléchissait la gloire du Créateur et proclamait ses louanges. Tant que Dieu avait été ainsi honoré, on n’avait connu que la paix et la joie. Mais une note discordante, l’exaltation du moi, troubla soudain l’harmonie céleste. Ce sentiment, si contraire aux desseins du Créateur, éveilla de sombres pressentiments chez les êtres qui rendaient à Dieu les honneurs suprêmes.
 
Des conseils célestes adressèrent à Lucifer d’instantes exhortations. Le Fils de Dieu lui représenta la grandeur, la bonté et la justice du Maître de l’univers, ainsi que la nature sacrée et l’immutabilité de sa loi. C’est Dieu lui-même qui avait établi l’ordre qui régnait dans le ciel. En s’en écartant, Lucifer déshonorait son Créateur et attirait le malheur sur sa tête. Mais cet avertissement, donné avec amour et compassion, ne fit qu’éveiller un esprit de résistance. Cédant à sa jalousie envers le Fils de Dieu, Lucifer s’obstina.
 
L’orgueil que lui inspirait sa haute situation fit naître en lui le désir de la suprématie.
Oubliant les grands honneurs dont il était l’objet de la part de son Créateur, fier de l’éclat de sa gloire, il aspira à l’égalité avec Dieu.
Aimé et vénéré des armées célestes, il surpassait tous les anges en sagesse et en magnificence.
Le Fils de Dieu cependant était reconnu comme le Souverain du ciel. Il partageait la puissance et l’autorité du Père, et participait à tous ses conseils. Lucifer, qui n’était pas informé de la même manière de tous les desseins du Tout-Puissant, demandait: « Pourquoi le Fils aurait-il la suprématie ? Pourquoi est-il élevé au-dessus de moi ? »


Abandonnant alors sa place en la présence immédiate de Dieu, le fier chérubin alla semer la discorde parmi les anges. Opérant dans le secret et tout en cachant d’abord ses intentions réelles sous le masque d’une grande vénération pour Dieu, il s’efforça de soulever le mécontentement contre les lois qui gouvernaient les êtres célestes, affirmant qu’elles imposaient des restrictions inutiles. Il prétendait que, eu égard à leur sainteté, les anges ne devaient connaître d’autre loi que leur bon plaisir.
Pour gagner leur sympathie, il donna à entendre que Dieu l’avait traité injustement en accordant les honneurs suprêmes à son Fils, affirmant qu’en aspirant à une puissance plus grande et à de nouveaux honneurs, il ne recherchait pas son propre avantage, mais seulement la liberté des habitants du ciel, leur permettant d’atteindre un degré d’existence plus élevé.
 
Dans sa grande miséricorde, Dieu supporta longtemps Lucifer. Il ne le destitua pas de sa haute position dès les premières manifestations de son mécontentement, ni même lorsqu’il commença à propager ses idées parmi les anges fidèles. Le pardon lui fut offert à plusieurs reprises à condition qu’il se repente et se soumette.
Des démarches que seuls un amour et une sagesse infinis pouvaient concevoir furent tentées pour le convaincre de son erreur. Jamais, auparavant, le mécontentement n’avait été ressenti dans le ciel.
 
Lucifer lui-même ne vit pas tout d’abord son erreur et il ne comprit pas la vraie nature de ses sentiments. Aussi lorsqu’on lui prouva que son attitude hostile n’avait pas de raison d’être, convaincu de ses torts, il vit que l’autorité divine était juste et qu’il devait la reconnaître comme telle devant le ciel tout entier.
S’il l’avait fait, il eût pu être sauvé et bien des anges avec lui. Il n’avait pas encore, à ce moment-là, levé ouvertement l’étendard de la révolte contre Dieu. Il avait bien abandonné sa position de chérubin protecteur mais s’il était revenu sur ses pas en reconnaissant la sagesse du Créateur, et s’était contenté de la place qui lui avait été assignée dans le grand plan divin, il aurait été rétabli dans ses fonctions.
 


Mais l’orgueil l’empêcha de se soumettre. S’obstinant dans sa mauvaise voie, il soutint qu’il n’avait pas lieu de se repentir et se déclara ouvertement en lutte avec son Créateur.
A partir de ce moment il employa toutes les ressources de sa gigantesque intelligence à capter la sympathie des anges qui avaient été sous ses ordres. Dans l’intérêt de sa perfide ambition et sa trahison il n’hésita pas à fausser le sens des avertissements et des conseils que le Fils de Dieu lui avait donnés. A ceux qui lui étaient le plus attachés par les liens de l’amitié, il fit croire qu’il était mal jugé, que sa position n’était pas respectée et qu’on voulait porter atteinte à sa liberté.

De là, il en vint à attaquer directement le Fils de Dieu, qu’il accusait du dessein de l’humilier devant tous les habitants du ciel. Puis, pour donner le change aux anges restés loyaux, il accusait ceux qu’il ne pouvait tromper et faire passer dans son camp, de trahir la cause du ciel, c’est-à-dire d’agir comme il agissait lui-même.
Pour donner de la vraisemblance à l’accusation d’injustice qu’il portait contre Dieu, il faussait les paroles et les actes du Créateur. Son système consistait à embarrasser les anges par des arguments subtils touchant les desseins de Dieu.
Ce qui était simple, il l’enveloppait de mystère et, en dénaturant artificieusement les faits, il jetait le doute sur les déclarations les plus formelles de l’Éternel. Sa haute position et ses rapports intimes avec l’administration divine donnaient tant de poids à ses paroles, qu’un grand nombre d’anges embrassèrent le parti de la révolte contre l’autorité du ciel.


 
    E. White
                        
                                 à suivre ......